LA CARRETERA AUSTRAL

De 7 jours à 3 semaines

On en rêvait depuis longtemps de cette fameuse carretera austral. Nous l’aurons faite entièrement mais en trois ans. Cette partie du Chili est proprement stupéfiante. Tant sur le plan géographique qu'humain. Des volcans, des lacs, des forêts primaires, des glaciers, des hommes et des femmes qui vivent isolés du monde. Vraiment un extraordinaire voyage !

1/8

Lors de notre voyage au Chili en janvier 2012, nous avions loué une voiture et sommes partis de Chiloe puis avons rejoint Hornopirén où nous fûmes bloqués par le transbordeur pour Caleta Gonzalo. Il y avait 15 jours d'attente pour une place de voiture. Nous avons fait demi-tour après avoir passés trois jours agréables à Hornopirén qui est un mignon petit village qui nous a donné envie de revenir sur cette carretera austral. 

C’est ainsi qu'en décembre 2013, nous sommes repartis cette fois-ci en passant par Esquel en Argentine et en entrant au Chili à Futaleufeu pour éviter les problèmes de ferry. Nous avons été alors jusqu'à à Puerto Rio Tranquilo.

Enfin en janvier 2016 nous avons fait la carretera dans son ensemble du Sud au Nord, hormis une paire de desvios dont celui pour Chile Chico. Soit au total plus de 1200 km, 4 semaines de route et des images plein la tête.

Pour être complets sur nos impressions générales sur la carretera et son devenir touristique, il nous faut avouer les craintes que nous avons dues aux travaux imposants d'élargissement de la route surtout entre Puerto Tranquilo et Coyhaique. Le paysage en souffre beaucoup.

La météo

Il n’est pas possible de parler carretera austral sans aborder l’épineuse question de la météo. En 2013 nous avons eu 12 jours de pluie sur 15 et avons découvert en 2016 des montagnes qui nous avaient alors échappé tant les nuages étaient bas, nombreux et peu désireux de bouger. En 2016 nous avons eu un temps exceptionnel avec 3 jours de pluie pour 1 mois et demi sur place. Une autre vision fatalement.

La saison touristique de la carretera est de début décembre à mi-mars.

Du Sud au Nord

 
El Chalten(Arg)-Villa O'Higgins(Ch)

C'est la traversée de frontière la plus mémorable que nous ayons faite. Elle prend 2 jours, peut paraître un peu cher mais il n'en est rien au vu de ce que vous vivrez.

Tout commence à 8h00 à El Chalten avec un remis pour les 37 premiers kilomètres de piste pour rejoindre el lago del desierto d'où part le bateau qui une heure plus tard vous dépose au poste frontière argentin soit vers 11h30. Cette partie du trajet en bateau est merveilleuse avec des vues splendides sur le Fitz Roy.

La gendarmerie argentine tamponne votre passeport et si tout se passe bien, c'est à dire si vous avez réussi à vous coordonner avec Don Ricardo, ce dernier arrive tel Zorro avec ses chevaux pour vous emmener vous et votre sac à dos, où votre valise à roulettes, jusqu'à la piste côté chilien où vous prendrez son 4x4 pour rejoindre son estancia à Candelario Mansilla, enfin sa maison restons réaliste...

La douane chilienne est à 1 km de chez lui. Don Ricardo propose le gîte et le couvert. Il reste encore, le lendemain, à traverser le lac O'Higgins avec le bateau de Villa o'higgins expediciones. Vérifiez sur le site les dates de traversée qui en cas de mauvais temps est annulée. 

Dans le sens VH-Chalten c'est plus simple car vous aurez un contact direct avec Don Ricardo et en tout cas ne prendrez pas le risque de vous retrouver seul au milieu de nulle part ou de rester « coincés » à Candelario en attente du bateau en cas de mauvais temps.

Dans le sens où nous l'avons fait c'est moins facile car vous avez 22 km de marche à faire si jamais Don Ricardo ne vient pas vous chercher au poste frontière. Rien de bien embêtant pour les vrais routards équipés de tente, plus risqué pour les routards d'opérette, comme nous, qui ont juste un sac à dos mais pas de tente...

En tout cas je recommande vivement la balade à cheval qui dure 2h30 et constitue le point d'orgue de ce cruce de frontera original!

Villa O´Higgins : le bout de la route.

Si vous commencez par là c’est qu’inévitablement vous aurez traversé de l’Argentine au Chili par El Chaltén, la ville du Fitz Roy, la mecque du trekking argentin,  pour passer chez Don Ricardo à Candelario Mansilla. Une traversée de frontière exceptionnelle car elle se fait en bateau, à cheval et à pied (voir au dessus).

Villa O’Higgins est sans grand charme en soi. Ceci étant, il y a quand même une ambiance  « bout de la route » qui vaut le détour. Sans compter les possibilités de balade. C’est sous un soleil de plomb que nous avons marché aux alentours de VH environ 7 heures pour une balade mémorable avec une baignade improvisée dans un petit ruisseau et des vues somptueuses tout le long.

Pour se loger les « routards » optent pour le camping ou el Mosco. Dans ce dernier cas mieux vaut réserver car, si vous venez de El Chaltén, vous arriverez à 20h30 et trouverez le Mosco complet. Du moins c’est que nous est arrivé. L’offre en dehors de ces deux options reste maigre. Au final nous avons pris la dernière chambre libre dans un petit hospedaje familiar LA Norteña qui s’est avéré bien sympa. Certes la chambre n’avait pas de clé, tous les ouvriers qui travaillaient pour la station d’épuration y logeaient mais l’ambiance familiale était bonne, les repas communautaires corrects et le tarif des plus raisonnables.

Trajet Villa O'Higgins-Tortel :

Il est vrai que rejoindre Tortel depuis VH demande un petit effort car il n'y a que trois bus directs par semaine. Ceci étant, l'évolution sur la carretera est telle que les fréquences de bus peuvent augmenter. Il est à noter que les autres jours il est possible de se rendre au carrefour pour Tortel  puis de faire du stop (il reste 23km). Plusieurs personnes nous ont assuré que cela se faisait sans souci.

Nous avons pris le bus direct vers 8h30 car il y a une connexion avec la barcaza qui n'a que deux trajets quotidiens. Pour l'anecdote, lors de notre trajet, la route était en travaux et les ouvriers faisaient exploser des blocs de pierre. Nous n'avons jamais su qui du chauffeur ou des ouvriers s'était planté, toujours est-il que nous sommes passés au mauvais moment. Bilan des courses, une vitre explosée, Isabelle avec des éclats de verre partout sur le visage et même dans le conduit auditif. Quand on vous dit que la carretera est aventureuse... Un trajet qui malgré nos frayeurs nous est apparu très beau.

Caleta Tortel

Tortel est un incroyable petit village - il y pleut plus de 300 jours par an. Avec à peine 600 habitants, entièrement bâti sur des passerelles – plus de 7km au total – Tortel ne manque pas de charme, bien au contraire et mérite assurément plus que la demi-journée que lui consacre habituellement la plupart des touristes.

Le village de Tortel se mérite si j'ose dire. Les gens du cru ne sont pas très sympathiques au premier abord. Cela va mieux après un ou deux jours sur place, comme souvent au Chili. La pluie est un paramètre essentiel. Dès qu'il fait soleil, foncez vous balader mais avec votre cape de pluie car qui dit soleil à 14h dit pluie à 14h30 puis soleil à 16 puis pluie à 17 etc... le charme de Tortel qui entre deux averses dévoile un paysage magnifique.

Il y a une balade sympa qui fait le tour par le haut du village. Commencez absolument la balade par l'office du tourisme, le tracé est plus clair. Quoiqu''il en soit il ne faut pas essayer de faire les malins comme nous le fîmes car vous vous perdrez sûrement dans les sous-bois et aurez bien de la peine pour en sortir !

Plusieurs petits restos vous proposeront un almuerzo satisfaisant. Pas de réel souci pour se loger même si pas mal de petits hospedajes affichent complet. Pour le soir demander à votre hospedaje si d'aventure il ne pourrait vous proposer le dîner car il y a peu de restaurants ouverts. Depuis 2016 il y a une fois par semaine un ferry qui fait la traversée Puerto Natales - Caletal Tortel.

Cochrane

Même si le village n'est guère attrayant il y a l'essentiel des services qu'un touriste peut espérer. Il y a pas mal de cabañas mais elles sont souvent déjà réservées. Nous en avons louée une et n'avons de ce fait jamais mangé au resto mais le choix semblait réduit. Depuis Caleta Tortel pas de souci de transport car il y a plusieurs bus par jour. Pour Puerto Rio mieux réserver au moins la veille faute de rester sur le carreau.

Cochrane

Autant le dire de suite c'est le village qui nous a le moins plu. Si nous y sommes restés 4 jours c'est que nous avions envie de nous reposer et avions trouvé une petite cabaña sympa pour le même tarif qu'une chambre. Avec cuisine, machine à laver, feu de cheminée, une halte bienvenue en somme.

Le village n'a absolument aucun charme, peu de services et le parc naturel était fermé pour cause de puma. Un comble lorsque l'on sait que Cochrane fait toute sa promotion sur la possibilité de voir un puma dans le fameux parc et le jour où un touriste en voit un on le ferme car, voyez-vous, un puma c'est dangereux. Mais, surtout, on ne dit rien au touriste qui après avoir loué des vélos ou payé un taxi arrive devant un parc fermé. Je ne vous explique pas dans quel état d'énervement nous étions... Bref Cochrane peut être évité si vous pouvez combiner le transport direct ou semi-direct de Tortel pour Puerto Rio Tranquilo ou Chile Chico suivant vos plans.

Puerto Rio Tranquilo

Comme son nom l’indique il s’agit d’un port tranquille. Situé sur la rive du lac Gal Carrera, il  jouit de superbes couchers de soleil. Départ de l’inévitable excursion pour la catedral de mármol c’est une halte bien agréable qui vous donnera la pleine mesure de l’ambiance sur la carretera.

La balade à la catedral de mármol sera décriée par les inévitables anti-promène couillons dont je suis habituellement. Malgré tout  j'ai, à cette occasion, forcé ma nature et ne l'ai pas regretté. Sans être exceptionnel c'est beau. A faire absolument un jour de soleil et sans vent pour le calme des eaux et la lumière. Nous avons passé à Puerto tranquilo deux jours bien agréables et vous recommandons cette halte.

Soyez vigilants car les bus au départ de Puerto Rio sont souvent pleins car ils viennent de Cochrane ! Nous avons vu plusieurs personnes ne pouvoir monter et rester sur le bord de la route à espérer le bus suivant. De plus les 125 km de piste pour Coyhaique depuis Puerto Rio sont en mauvais état et assez fatigants. 

Villa Cerro Castillo et Puerto Ibañez

C’est sur ce tronçon principalement que les effets des travaux sont dévastateurs. En 3 ans nous y avons vu une réelle destruction du paysage dû à l’élargissement de la route. Ceci étant le paysage vaut encore le détour et l’arrivée sur le Cerro Castillo vous enchantera tant cette montagne si caractéristique est belle.

Villa Cerro Castillo est une bourgade qui interroge. Comment au pied d’une si magnifique montagne peut-on avoir un bled aussi moche ? Mystère !

Nous y sommes passés pour la première fois le jour du nouvel an 2014 et avons trouvé tout fermé. Normal me direz-vous c’était le 1er janvier. Certes, certes, mais comme le tourisme est la seule activité du bled , pour une saison de 3-4 mois maximum, on aurait pu penser que… Toujours est-il qu'il n'y avait même pas de restaurant fût-il sommaire. La seule option d’hébergement ne nous a pas convaincu. Bref nous avons filé en direction de Puerto Ibañez aussi peu vivant en ce premier de l'an mais un brin plus charmant.

Au bord du lac Gal Carrera le village jouit d’une formidable luminosité le soir venu. Il y a encore de nombreuses maisons traditionnelles. De plus nous avons trouvé José, ses cabañas et son cordero patagónico qui nous ont aidés à passer un agréable séjour. Si José n’avait pas été là je ne sais vraiment pas où nous aurions dormi et encore moins ce que nous aurions mangé !

Vous pouvez aller jusqu'au Salto Rio Ibañez à 7 km (piste vers Levicán à l'entrée du village en venant de Coyhaique).

Coyhaique

Coyhaique ou la mégapole de la carretera avec plus de 50000 habitants.

Dit cela on aurait presque envie de passer son chemin  sauf que ce serait une erreur. Une erreur d'abord car de quelque côté que vous veniez Coyhaique se trouve en quelque sorte au milieu de la carretera. La ville a aussi l'avantage d'offrir bon nombre de services qui parfois vous auront fait défaut, hébergements divers, restos, laveries, internet qui fonctionne, une rue piétonne commerçante bref c'est le centre touristique de la carretera austral. Certains chiliens arrivent ici  directement en avion pour faire un petit tronçon de la route.

Nous sommes passés plusieurs fois par Coyhaique.

En 2013 nous avons dormi au Nomades Hotel, un hôtel boutique super, d'autant plus super que nous sommes arrivés le 31 décembre et que, suite à un désistement, ils nous ont fait la chambre à moitié prix (75 usd quand même mais bon pour le nouvel an... On a depuis appris que c'était le jardinier qui nous avait reçu et empoché l'argent. Il a été viré depuis, dommage !).  

Nous avons aussi dormi dans les cabanas Tio Nino ( très bien et proche du centre) qui organisent aussi de la pêche à la mouche ainsi que dans un hostel commun puis de nouveau des cabañas. Notez que si vous arrivez tard vous pourrez rencontrer de vrais problèmes de logement.

Que faire à Coyhaique? Une super balade dans la reserva nacional Coyhaique. Pour y accéder il faut prendre la route 7, la carretera en fait, direction Aysén et tourner à droite juste à la sortie de Coyhaique. Il y a un panneau. Continuez sur une piste jusqu'à l'entrée tenue par la Conaf, c'est là que vous paierez l'entrée. Continuez avec la voiture jusqu'à la laguna verde où tout le monde va faire son picnic. Le sentier est ensuite indiqué .

Assez nombreux les sentiers sont tous très bien tracés mais, un peu comme chez un certain magasin suédois, les sentiers ont des petits noms et là c'est un peu embêtant car comme la Conaf ne fournit pas de plan et que la boucle arrive à un moment à la croisée de plusieurs sentiers et bien bonjour! Si je suis en train d'écrire ces quelques lignes c'est que je suis de retour à la civilisation mais je me souviens que nous nous sommes un peu égarés. Rien de bien grave, avec un bon sens de l'orientation ça passe.

Un conseil, prenez en photo le plan de la Conaf ainsi vous ne rencontrerez aucun problème. Cette balade dure environ 4 heures, n'est pas particulièrement exigeante mais elle n'est pas si facile que çà non plus. Vous passerez d'une forêt aux pentes d'un volcan. Vues superbes sur Coyhaique. Un conseil: prenez un bon coupe-vent car sur le volcan il vente beaucoup.

Il y a d'autres possibilités de marche sur Coyhaique mais nous ne les avons pas faites

Puerto Aysén

Vous pouvez aller faire un tour à Puerto Aysén ( 46 km ) qui avec ses 23 000 habitants n'a guère de charme mais possède pour quelque temps encore un trekking (le cerro Cordon) qui vous ravira. Malheureusement l'abruti de maire de Aysén construit une route qui va doubler cette balade ruinant du même coup la quasi seul attrait de cette bourgade.

Le trek commence un peu après Aysén, sur la route pour Puerto Chacabuco, et grimpe de 0 à 1400 m en 6,5 km, un peu dure comme montée -et je ne vous parle pas de la descente- mais au sommet vous aurez une vue exceptionnelle sur le coin et les fjords, un régal !

Puerto Aguirre

Autre intérêt de Aysén, une traversée de 4 heures dans les fjords vers Puerto Aguirre, une petite île sans véritable attraction en soi si ce n'est justement d'être petite et isolée. Isabelle a adoré cette île avec sa luminositée exceptionnelle et le trajet de 4 heures au milieu des fiords pour y arriver. Un moment pour mieux comprendre la Patagonie sans compter qu'il est plus que probable que vous y soyez le seul touriste...Si vous avez du temps vous ne regretterez sûrement pas un sejour d'une ou deux nuits sur l'île.

Puerto Cisnes

A presque 160 km de Coyhaique la route a une bifurcation. En réalité la carretera continue vers Puyuhuapi ou bifurque avec 33 km de piste pour Puerto Cisnes à l'ouest. Ce village ne nous a pas vraiment plu car d'une part nous avons eu de la peine à trouver un logement décent et d'autre part il a plu sans discontinuer quand nous y étions mais le front de mer n'est pas vilain. Ce qui est sûr est que ce village a un certain potentiel totalement inexploité !

Puyuhuapi

Avant de parler de ce village qui lui nous a franchement bien plu, il faut mentionner le grand intérêt de la route depuis Coyhaique. La forêt primaire froide omniprésente, les rivières et les cascades sont réellement de toute beauté. C'est pourquoi nous avons toujours été content d'avoir une voiture sur ce tronçon.

A 40km de Puyuhuapi, après une série de lacets appelés Cuesta Queulat, débute el bosque encantado. C’est une belle balade  -1h aller- à travers une forêt primaire froide pour arriver à un glacier au bord d'une rivière. Le départ est très bien indiqué avec un parcking et un droit d'entrée dans le parc pour l'entretien du sentier. La balade peut se faire même par mauvais temps, ce qui nous est arrivé la 1ère fois, bien qu'avec le soleil cela est beaucoup mieux.

A 21km de Puyuhuapi vous pourrez admirer le glacier el ventisquero colgante qui fait partie du parque nacional Queulat. Il y a deux très belles balades à faire, soit au pied du glacier où vous longez le lac, soit en face du glacier avec une montée un peu raide mais sans difficulté de 1h30 dans la forêt. Il est inutile d'aller voir le glacier si depuis la route, la vue est bouchée par les nuages; elle le sera aussi une fois sur place. Ceci étant le temps change assez vite et ce n'est pas parce que vous vous levez le matin à Puyuhuapi avec une purée de pois que vous n'arriverez pas au glacier à midi avec une vue presque dégagée. Un des charmes de la carretera austral est aussi son temps imprévisible.

Puyuhuapi est un charmant petit village avec un office de tourisme très dynamique. Vous pourrez y échanger des livres et trouver des infos. Il y a pas mal d'hébergements dans le village mais pas grand chose d'extraordinaire. Nous avons apprécié la Hosteria Alemana avec ses chambre impeccables malgré son accueil un brin martial. L'auberge est dans le village sur la route principale. La famille de cette hostería a ouvert en 2016 des petits apparts hotels sympas et à un tarif raisonnable, 40 000 pesos chiliens en 2016.

Question activités si le soleil répond présent, vous pourrez faire du kayak. Il y a également des thermes sur le chemin du ventisquero colgante  mais le tarif nous à démotivé. Encore une fois passer deux ou trois jours à Puyuhuapi vous permettra de bien ressentir l'ambiance de cette merveilleuse Patagonie chilienne.

La Junta

Depuis Puyuhuapi c'est par la route incroyable qui passe par le superbe Parque nacional Queulat que vous irez à la Junta. Des forêts, des glaciers, des lacs, des marches, une route sinueuse, un vrai bohneur !

A environ 25 km de Puyhuapi vous trouverez un poste de la Conaf indiquant le départ pour el lago Risopatrón . C'est une très belle marche de 12 km AR qui termine sur le bord du lac dont les rives sont constituées de copeaux de bois propices à une petite sieste agréable. Il y a des chances que vous soyez seuls lors de cette marche. Il y a en face, ou presque, de la Conaf un camping bien ombragé au bord de la rivière. A défaut d'y dormir vous pourrez vous y garer.

 La Junta  n'a pas grand charme, peu de possibilités d'hébergements et avec les progrès de l'asphalte n'a pas, à mon sens, vocation à se développer du moins sur le plan touristique. Ceci étant ne manquez pas de vous arrêter à  Mi casita de te . En 2012 c'était un tout petit établissement qui aujourd'hui s'est modernisé, dommage... mais on y mange toujours très bien. Nous avons dormi dans une petite cabaña (el Colono) très propre au bout de la rue 5 de abril. Il y a une station essence à la Junta. 

Arrivé à la Junta la carretera sent déjà un peu la fin. En remontant vers Chaiten vous passerez par la vilaine bourgade de Villa Santa Lucia qui hormis ses camions et sa poussière ne semble n'avoir rien d'autre à offrir, pas même un petit almacén où s'acheter de quoi faire un sandwich, c'est dire ! Ceci étant c'est là que la route bifurque vers Futaleufeu. Comptez 2 heures d'une piste en bon état mais peu large. Les paysages sont superbes. Vous pouvez sur le trajet, comme nous l'avons fait, dormir et dîner chez Veronica à 2 km avant Puerto Ramirez. C'est le seul hébergement que nous avons vu d'ouvert en 2012 sur ce tronçon de route.

Futaleufu

Futaleufu est à juste titre réputé pour sa rivière sur laquelle on peut faire du rafting et du kayak. Nous avons fait des balades très sympas autours de la ville et un tour en VTT également très agréable. L'office de tourisme n'a pratiquement que des infos "commerciales" à donner. Tous les renseignements sur la région nous ont été donnés par les très sympathiques et serviables propriétaires des cabañas Aguas Blancas où nous avons dormi. Les cabañas sont propres et jolies avec le petit poêle à bois indispensable au sud du Chili même en plein été... Ils prêtent aussi des VTT. Futaleufeu sera quoiqu'il en soit un point de passage obligé et, encore une fois, des plus agréables si vous souhaitez rejoindre Esquel en Argentine plutôt que de retourner à Santa Lucía pour filer plein nord vers Chaiten.

En 2016 nous sommes allés directement de la Junta à Chaiten. Une grosse journée de route avec, encore une fois, des paysages superbes. Vous pourrez faire une petite halte à Puerto Cardenas qui a des vues impressionnantes sur les montagnes avoisinantes et des hébergements de luxe.

Chaiten

Autant le dire de suite, Chaiten c'est vilain, très vilain même ! Oui la destruction totale du village par la dernière explosion du volcan éponyme n'a pas aidé mais bon rien à faire c'est vraiment laid. Pourquoi s'y arrêter, alors ? Et bien parce que c'est de là que partent les bus pour Hornopirén, ce qui est déjà une excellente raison. Ensuite car il y a deux balades à faire dans el parque Pumalin. Une de 24 km AR que nous avons faite et une autre qui vous mène au pied du volcan. Celle que nous avons faite est presque entièrement dans les bois et si le temps est bien dégagé vous offre de belles vues à l'arrivée. Ceux qui ont fait l'autre en ont été aussi contents. La ville est sans charme mais est fonctionnelle.

Hornopirén

Voilà bien un endroit étrange dans un sens. Assez grande et animée la bourgade, au premier abord semble s'être développée un peu chaotiquement pour satisfaire les besoins des touristes qui sont nombreux tant il est simple de venir là depuis Puerto Montt. En même temps Hornopirén jouit d'une certaine douceur de vivre, d'une belle luminosité et d'un environnement aux alentours qui est vraiment beau avec des fjords, des forêts.

Il y a pléthore d'hébergements et en été vous pourrez vous restaurer midi et soir sans souci à la feria gastronómica au centre ville.

Pour arriver à Hornopirén depuis Chaiten ce n'est pas compliqué mais il faut bien l'organiser. Depuis Puerto Montt, absolument aucune difficulté.

Voilà c'est fait la carretera austral décrite dans ses grandes lignes depuis Villa O'Higgins jusqu'à Puerto Montt sans compter les desvios de droite et gauche...